Jan.01

Le dropshipping, une panacé ?

Aujourd’hui, pas d’article sur le SEO, j’avais envie de parler d’un concept encore à la mode dans le monde du e-commerce: le dropshipping. Et autant vous l’avouer, il y a des choses à dire!

Qu’est-ce que le Dropshipping ?

C’est le fait, tout simplement, qu’un e-commerçant puisse vendre des produits en ligne sans avoir de stock. Lorsque les clients commandent sur la boutique en ligne, le vendeur n’expédie par lui-même les produits, c’est son fournisseur qui le fait en marque blanche, c’est-à-dire qu’officiellement, c’est bien le e-commerçant qui expédie le colis.

Principe_du_Drop-Shipping

Les avantages du dropshipping

Ils sont nombreux ! Les voici :

  • Pas de stock : lorsque l’on commercialise des produits physiques, le stockage est une problématique à prendre en compte ; avec ce système, on peut être e-commerçant en étant étudiant et vivant dans un 12m² à Paris.
  • Pas de logistique : les colis sont effectués par le fournisseur, c’est lui qui s’arrange avec son transporteur, le e-commerçant n’a qu’à suivre les étapes derrière son ordinateur avec le numéro de suivi.
  • Pas de trésorerie à avancer : le vendeur paie en effet son fournisseur après que les clients aient passé commande. Par exemple, lorsqu’un client achète une coque pour son Iphone à 25€, le vendeur encaisse ce client et ce n’est qu’après qu’il passe commande auprès de son fournisseur en conservant évidemment une marge.

En se déchargeant de ces trois facteurs, le risque est dès lors réduit, et le temps économisé en ne gérant pas la logistique et les stocks peut être consacré à travailler davantage son SEO, SMO etc…

Pourquoi le dropshipping est finalement plus risqué qu’il n’y parait

Bien souvent, cette pratique du e-commerce n’est présentée qu’avec les avantages mentionnés précédemment. C’est malheureux car beaucoup de gens qui veulent se lancer s’exposent à bien des mésaventures et il n’y a que peu de mises en garde sur le net à mon sens. L’argent facile est trop vite mis en avant et certaines personnes fonceront tête baissée…dans le mur. NON pratiquer le dropshipping n’aidera  pas facilement à arrondir ses fins de mois et cela fera encore moins du salarié lambda un entrepreneur web à succès en un claquement de doigt. Attention je ne dis pas de se méfier de ce système comme de la peste mais il faut garder en tête les quelques risques suivants et savoir les maitriser :

  • Les retours de marchandise : personne n’est sans savoir que lors d’une vente à distance, le client a 14 jours pour se rétracter et renvoyer la marchandise. C’est un problème majeur pour tout dropshipper ! Le client renverra le produit acheté au vendeur et non au fournisseur ! Cette loi Hamon qui impose ce droit de rétractation est valable en B to C mais en B to B c’est plus compliqué, et imaginez si le fournisseur n’est pas en France, pire en Chine ! Un fournisseur qui vend à un détaillant considère ça comme une vente ferme point barre. Bref, un retour client, ça veut dire que le dropshipper se retrouvera avec sur les bras un colis payé au fournisseur et remboursé au client. Si c’est une coque à 20€ c’est supportable, mais pour un PC à 1000€ c’est autre chose….
  • Les marges & le bénéfice: le dropshipping, c’est malheureux à dire, défie toutes les lois du commerce. Un bon commerçant, avant de bien vendre, doit apprendre à bien acheter. Or, ce système ne permet pas de bien acheter puisque par définition il n’y a pas de « grosses commandes » permettant de négocier des prix bas auprès des fournisseurs. Tout est acheté au fournisseur au fur et à mesure, commande par commande. Par conséquent, les prix d’achats resteront très élevés par rapport à d’autres e-commerçants qui eux font du stock. Et le problème est bien là ; impossible d’augmenter trop ses prix pour compenser au risque de ne plus être compétitif… Résultat, des marges en dropshipping très, trop basses pour que le business soit vraiment lucratif.
  • La loi : légalement, avec ce système, le vendeur est l’unique responsable en cas de problème sur le produit. Charge à lui de se retourner ensuite contre son fournisseur. C’est-à-dire que pour tout problème rencontré avec le produit, le client se retournera contre la société à qui elle aura payé le bien. Rien d’anormal, sauf que le principe du dropshipping est justement de vendre des produits que le vendeur ne touche pas, parfois le vendeur n’aura jamais vu le produit ! Il faut donc avoir une confiance ABSOLUE en son fournisseur. Or, l’immense majorité des dropshippers commandent leurs produits en Chine… En prenant le pire des cas, on pourrait même imaginer un scénario  (qui arrivera forcément un jour) où un enfant est intoxiqué par un jouet que ses parents ont acheté sur une boutique à un e-commerçant situé en France vendant des jouets en dropshipping. Si un tel drame arrivait, on peut parier que le e-commerçant serait attaqué, charge à lui d’expliquer aux tribunaux que c’est de la faute de son fournisseur (qu’il n’a jamais rencontré ou plutôt si mais sur Alibaba sur skype) qui a vendu un produit pourri sans lui dire qu’il y avait des substances dangereuses dedans et que « oui mais il y avait le logo des normes européennes dessus blablabla ».  Rendez-vous en taule pour en parler.
  • Les douanes & taxes: si le fournisseur n’est pas en France, dropshipping rimera avec galères. En effet, lorsque l’on importe des produits depuis l’étranger, des taxes s’appliquent. Ces taxes sont bien souvent collectées par le transporteur à la livraison. Or à la livraison se trouve…le client ! Celui-ci doit donc s’acquitter d’un montant auprès du transporteur pour pouvoir récupérer le produit. Intéressant non ? On défie toutes les lois du e-commerce « fluide »…Charge au vendeur d’expliquer avant/pendant/après la vente au client que c’est normal, qu’il va – ou non – rembourser ces frais sur renvoie de reçu du transporteur. Bref une usine à gaz, d’autant plus que ces frais correspondent à la TVA et frais de douane que le vendeur pourra récupérer étant donné qu’il aura déjà facturé et collecté cette TVA au client dans le prix de vente. A bon entendeur…

Conclusion

Vous l’aurez compris, je ne suis pas fan du dropshipping ; voici pour résumer les quelques conseils et règles que vous devez adopter pour faire les choses bien si vous souhaitez tout de même vous jeter à l’eau :

  • Proscrire les biens à haute valeur. C’est le point le plus capital, la limite que je conseille est un produit à 100€ max. Au-delà, tout retour client est difficilement « soutenable » pour le business.
  • Proscrire les biens nécessitant un potentiel SAV. Les biens Hifi, son, informatique sont à fuir immédiatement car, tout comme pour les retours pour rétractation, un bien qui revient en réparation dans le cadre du dropshipping aura souvent raison d’au moins la marge, si ce n’est 2 ou 3 fois celle-ci.
  • Ne choisir QUE des produits avec une marge « x2 » au minimum, cela vous rendra plus serein.
  • Sélectionner EXLUSIVEMENT des fournisseurs situés en France avec qui vous pourrez avoir une relation de confiance mais aussi une relation légale qui vous permettra des recours  auprès des autorités compétentes en cas de problème majeur.
  • Enfin soigner sa « Pognonite aigue » : expression que j’aime beaucoup employée par un dropshipper sur la page d’accueil de son site lorsqu’il a fermé boutique et réalisé beaucoup de choses…

Le dropshipping est donc un levier ecommerce délicat . Si vous voulez savoir comment gagner de l’argent via Internet , d’autres leviers moins risqués et proposant de meilleurs retours sur investissement vous tendent les bras.

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